Le terrorisme  révolutionnaire serait de retour en France, l’affaire Tarnac a rouvert la communication gouvernementale concernant le renouveau de ce phénomène en brandissant la menace de l’ultra gauche. Si la détention de Julien Coupat est largement médiatisée ce ne fut pas autant le cas de celle d’Isa (depuis un an), Damien, et Juan.

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Isa est soupçonnée d’avoir tenté d’incendier un véhicule de police pendant la dernière élection présidentielle de 2007, sur la base de traces ADN retrouvées sur des engins incendiaires n’ayant pas explosés ( pas plus de précisions à ce niveau sur la nature des engins). Arrêtée en janvier 2008 et placée depuis en détention provisoire, elle est privée de liberté depuis plus d’un an. Aucune date de procès n’a jusqu’à présent été fixée.

Hier lors d’une manifestation de soutien à Isa (non autorisée par la préfecture de police donc illégale, bah tiens donc…), les CRS et la BAC ont procédés à des interpellations massives pendant deux heures. La police parle d’une opération classique dans ce cas de figure. Je vous résume l’affaire en citant quelques extraits du Nouvel Obs qui est l’un des rares a avoir relayé l’info:

Une centaine de personnes -des manifestants et des passants- ont été interpellées vers 15h au niveau du métro Barbès-Rochechouart, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. La manifestation se déroulait dans le cadre de la semaine “Sabotons l’antiterrorisme”. Les participants voulaient marquer leur soutien à Isa, Juan et Damien, placés en détention provisoire. Ils ont déployé une banderole “Solidarité avec les révoltés incarcérés” et ont distribué des tracts appelant à une nouvelle manifestation organisée le 31 janvier, en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme.

Peu de temps après son arrivée, le groupe, qui comptait environ cent à deux cent personnes, selon la police et des participants, s’est retrouvé face à un cordon de CRS tandis qu’il avançait boulevard Barbès. Il lui fut impossible de faire demi-tour, les forces de l’ordre étant déjà présentes de l’autre coté. Les arrestations commencèrent très rapidement.

Je suis toujours sidéré par la manière dont les forces de l’ordre gèrent les manifestations qui n’ont pas de structures associatives, syndicales ou politiques. La violence peut s’exprimer dans ce cadre, on balance des gaz lacrymogène sur une centaine de manifestants, on interpelle tout ce qui passe, ce qui permet de ficher un peu plus et de recouper les informations avec l’enquête en cours de nos 3 terroristes présumés. Bien entendu, on pourra toujours comparer les deux versions du déroulement des évènements pour constater les affabulations des manifestants “anti anti-terroristes”, celle des policiers: une opération de routine sans accro, ou bien celle des manifestants, comme le rapporte un témoignage publié chez DonJipez:

Sur le déroulement des faits, voici le témoignage que j’ai reçu (comme quelques autres) de Laurent G., militant qui était sur place:

“La manif a, sans sommations, été prise dans une nasse policière, les uns ont été libérés sur place (60 personnes environ), les autres (80 environ) après une vérification d’identité à la durée illégale (4H30) dans le cadre d’une procédure dénommée par les policiers “audition libre” (sic ! le terme, usurpé, doit s’appliquer aux réponses volontaires à convocations) et des menaces de garde à vue (pour “manif interdite”) suite à des désignations par une policière physionomiste (en uniforme), cela se passait au commissariat du XIe, passage Charles Dallery (face au centre d’action sociale).

Les retardataires arrivés à Barbés étaient hors nasse, il y a eu quelques courses poursuites et là aussi des arrestations, par la BAC cette fois. Il reste des gardés à vue  (9 ?), qui seraient accusés “d’organisation ou participation à manifestation armée “.  A priori, des avocats vont être désignés pour d’éventuelles comparutions immédiates lundi.

Il y a ce dimanche 25 janvier un rdv à 14h M° Riquet pour aller au commissariat exiger leur libération.”

Voila je voulais juste relayer cette information et rappeler aux quelques zozos qui ont percu dans la venue de Sarkozy l’arrêt des dépenses fonctionnariales, que finalement celui-ci a œuvré à un transfert de fonds depuis le social vers le répressifs (1 milliards d’euros pour moderniser les équipements ca devrait faire rêver ceux qui vont financer le RSA ). Par ailleurs, il parait que la grève va sévir largement en France ce jeudi 29 pour établir des revendications totalement utopiques et mettant en danger la nation en réclamant un soutien au pouvoir d’achat des ménages et des mesures de protections pour l’emploi dans le contexte de la crise économique. Les CRS vont enfin avoir du boulot moins routinier, les chanceux…