Il y a quelques jours Nicolas Sarkozy annonçait que la France résistait mieux que ces partenaires face à la crise, mais que ce n’était pas une consolation. Les chiffres du chômage au mois de Janvier auront enfin amener leur lot de consolation… à ceux qui ne supportait pas que la crise soit minimisée dans sa forme structurelle du simple fait d’un écart entre le traitement émotionnel des médias et la réalité économique. En effet en général une crise n’a d’impact sur la population que tardivement après les premiers signes paroxystiques d’une récession, et dans le cas d’une dépression la crise ne connaît pas forcement qu’un seul climax mais plusieurs le long d’une phase plus ou moins longue de stagnation ou de ralentissement.

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Revenons à la grande nouvelle de mercredi, en Janvier,  90200 nouveaux chômeurs de catégorie 1 (+4.3%) on rejoint le pôle emploi: voilà une activité gouvernementale qui devrait être rentable en temps de crise puisque la communication téléphonique avec le pôle emploi est facturée et surtaxée. Cela représente un doublement de la hausse en comparaison au plus de 40000 demandeurs supplémentaires du mois de décembre, soit une hausse du chômage de 300 000 demandeurs depuis fin janvier 2008, mais surtout si l’on reste sur ce rythme de croisiere on pourrait envisager une hausse d’un million de chômeurs en 2009.

Ce chiffre est une véritable claque malgré une augmentation de la consommation au mois de Janvier franchement due à la dépréciation des prix du fait d’une tendance déflationniste, ceux qui sont surpris de ce chiffre doivent garder a l’esprit que les plus forts consommateurs d’après Noël ne sont pas les classes les plus pauvres qui sont généralement sur la paille au mois de janvier. La crise bénéficient toujours dans un premier temps aux classes moyennes aisées qui jouissent d’un pouvoir d’achat décuplé du fait des rabais qui se multiplient, toutefois ces bénéfices dans une période de dépression économique sont de courte durée puisque les classes moyennes devront fournir plus d’effort auprès de l’État via l’impôt pour soutenir l’effort de relance sur un bien plus long terme qu’une simple récession (on parle ici d’un minimum de 3 ans, et on peut envisager une dépression plate comme le Japon a connu depuis 10 ans).

Rendez vous compte le Figaro semble même plus choqué que ces confrères:

La réponse du gouvernement qui garde le cap réformiste de la libéralisation de l’économie français en saupoudrant un peu de social par ci par là a de quoi inquiéter. En effet, je n’ai guère de doute que ce choc de l’emploi va surtout permettre au gouvernement de légiférer sur plus de flexibilité, de remplacer au maximum ces postes perdus par des positions en intérim ou à temps partiel. En somme c’est le moment idéal pour la droite de couler dans le béton la réforme du travail et peut être même d’aller plus loin. Le terreau est fertile et pour un long terme car il ne fait aucun doute que les chiffres du chômage vont continuer à gonfler de manière continue durant l’année 2009.
La situation en France me préoccupe tant il semble que la direction prise va à l’encontre de celle de nombreux autres gouvernements qui cherchent à soutenir l’emploi de longue durée primordial pour le maintien du “paquebot crédit” qui prend l’eau plutôt que de faire la promotion de l’emploi à temps partiel ou intérimaire comme une solution. Les USA tente en ce moment même de faire le chemin inverse en visant une relance massive par l’investissement et la formation ( dans le secteur automobile ou énergétique).
Par ailleurs, je suis étonné de voir la blogosphere politique française ne pas avoir réagit plus vivement à l’annonce de ces chiffres, êtes vous sonnés messieurs dames par cette augmentation de 100 % par rapport aux chiffres de décembre, ou est ce de la lassitude ?