Depuis ce week end, McCain et surtout Palin ont changé la direction de leur campagne. Un conseiller a carrément déclaré au DailyNews sous couvert d’anonymat que si la campagne continuait à focaliser sur l’économie , les Républicains perdraient… encore une lumière parmi les Républicains ! La nouvelle orientation de la campagne est simple, faire ce que la droite conservatrice fait le mieux dans tous les pays, en associant leur adversaire aux peurs viscérales de la base électorale tel le terrorisme, l’anti-patriotisme afin de diviser et de distiller via la voix des supporters les doses suffisantes de racisme et d’incitation à la haine.

Ainsi Palin et McCain ont décidé de mettre au centre de leur discours l’amitié supposée d’Obama avec William Ayers, un ancien activiste ayant participé à des activités terroristes contre le Pentagone et le Capitole. Obama a effectivement siégé auprès de Ayers au sein de la “Woods Fund of Chicago”, entre 1999 et 2002, mais William Ayers n’est plus un activiste, il est professeur d’université a Chicago, et Obama n’avait que 8 ans lorsque celui-ci a posé des bombes entre 1970 et 1974… Sans compter que partager des responsabilités ne signifie pas évidemment d’être en accord d’opinions ou même d’échanger ses opinions.

Instaurer ce climat de haine a bien peu de chance de fonctionner au delà de la base républicaine, mais celle-ci va cristalliser son opinion autour de ces thèmes, rien que cela est affligeant. Ces supporters durant les meetings font déjà une belle démonstration de ce que le camp adverse ne fait jamais : l’appel à la haine, et le “sous-entendu” au meurtre. On a ainsi entendu le public réagir aux insinuations de leur leader en déclarant : “Tuez-le” lors d’un meeting en Floride, ou encore se faire traiter de terroriste ou de traître

McCain qui s’était lui même fait traîné dans la boue par Bush durant les primaires Républicaines en 2000 avait déclaré : “lorsque vous créez une campagne négative, c’est certainement que vous n’avez pas de vision pour le futur” … Visiblement il a changé d’avis en désespoir de cause, tel un politicien digne de ce nom. Mais n’est il pas dangereux pour lui d’aller sur ce terrain là alors qu’il traine une multitude de casseroles. Que ce soit sur l’affaire Keating 5 (il fut littéralement corrompu) ou ces liens avec des mouvances d’extrême droites. Et quid de Sarah Palin elle-même , dont le mari est très proche du mouvement sécessionniste d’Alaska ?

Keith olbermann, encore lui, a donc décidé de faire son “spécial comment” autour de ce tas de merde que sont les insinuations nauséabondes du camps McCain :

Le débat de ce soir abordera fatalement cette dérive populiste et minable. Je n’ai aucun doute qu’Obama sache rebondir et enfoncer son adversaire, mais le niveau général risque d’être très peu respectable.