Depuis l’annonce au mois de Janvier de la suppression de la publicité sur France télévision, le gouvernement avait eut tendance a reculer en changeant les échéances et en émettant l’idée d’un retrait seulement partiel de la publicité. Mais le petit Nicolas n’avait pas dit son dernier mot et vient d’asséner le coup de grâce , très symbolique, en proposant de nommer lui même le président de France Télévision . Cet annonce la semaine dernière a troublé le jeu politique pour centrer le débat sur les médias juste avant la période d’été généralement moins mouvementée pour le gouvernement. Posons la question le plus bêtement possible : Quelle peut bien être la motivation de tels changements ?

Sarkozy, Main mise sur les medias

France 2 va donc perdre presque la moitié de ses revenus publicitaires au profit des chaînes privées c’est un fait et je ne peux y adhérer. J’aurais préféré une restriction ciblée plutôt que la volonté de retirer toute trace de pub, si et seulement si la volonté de réduire la publicité avaient été un élément important pour les spectateurs (ce qui n’est visiblement pas le cas a la vue du succès de TF1). En réduisant l’espace publicitaire aux seules chaînes privées, le ciblage sera diffèrent et le public de TF1 ou M6 ne répond pas a tous les critères permettant de reporter les publicités diffusées sur France télévision vers les chaînes privées. De même la réduction de l’espace publicitaire d’un coup brusque va mettre pas mal de boites de production audiovisuelles sur les genoux, non pas que toutes soient a plaindre mais le marché de la publicité est très concurrentiel, j’ai peur que la qualité des publicités s’en ressentent par la suite ne laissant la place qu’a un ciblage très populaire. De la a ce qu’on atteigne le niveau ultra médiocre des pubs américaines on a toutefois de la marge; je vous ferai une sélection un de ces 4, il suffit de passer une heure a enregistrer une série pour dégoter 5 minutes de pub indiffusables en France.

Bien entendu le retrait de cette manne financière va créer une dépendance accrue au financement public, ce qui est d’autant plus ridicule puisque le manque a gagner sera comblé par une taxe dans le secteur de la téléphonie mobile qui se répercutera sur le consommateur (qui ne demandait rien et payait déjà sa redevance). Donc de l’argent privé sera redistribuée via le gouvernement, une manière simple et indirecte de prendre le contrôle totale des finances du groupe France télévision. A l’heure ou les décodeurs et autres magnétoscopes numériques permettent d’enregistrer en léger différé, d’éliminer la publicité ou de la zapper en accéléré, l’intérêt pour le spectateur est quasi nulle, mettant en évidence le caractère hautement politique de cette réforme.

Récemment la dernière charge est venu avec la nomination du président de France télévision par le Président de la République et cela me semble être un gros coup médiatique , permettant d’attirer l’attention sur le sujet plutôt que sur les multiples sujets “annexes” de la semaines, plus sujet a controverse (lire l’article de Juan sur Marianne). Cela n’aura pas suffit pour éviter le tollé sur les déremboursements autour des ALD et la disparition illico presto de cette proposition de loi nauséabonde. Réforme purement symbolique a mes yeux, mais quel symbole: le CSA qui décidait auparavant de la nomination du dirigeant de france télévision était lui même constitué plus ou moins par la main du gouvernement (de nos jours a forte , très forte tendance pro UMP), nous assistons donc surtout a un coming out présidentiel, le geste jouant dans le registre de la provocation pour un tapage maximum et l’affirmation publique d’un temps nouveau: celui de la domination des médias sans équivoque et sans concertation (je me répète mais rien de ce qui se passe a ce niveau n’avait été annoncé dans le programme de Sarkozy). Ce qui reste a défendre c’est la liberté et l’objectivité des rédactions et des programmes, et a ce niveau la France 2 c’est enfoncée depuis des années dans la mauvaise direction en cherchant bien souvent a concurrencer TF1 sur ses propres thèmes populaires, le journal de 20H sur TF1 parait désormais plus professionnel ( et ça me fait très mal de le dire). Le tour de force ne serait pas complet si en bonus nous n’avions pas eut le droit a cette campagne publicitaires pour défendre l’action du gouvernement, il assez marrant de voir que la volonté de communiquer la parole de L’Élysée par la télé se fasse déjà aux frais du contribuable a hauteur de 4.3 millions d’euros.

Si on ajoute a cela le projet loi Hadopi qui pourrait instaurer de nombreuses mesures de contrôle et les leviers propres a la censure, alors le tableau sera complet. Le gouvernement le plus a droite depuis l’après guerre, ayant fondé sa victoire sur son adhésion au thèse du front national, a décidé d’ajouter a son projet la marque distincte de toute dictature: la prise du pouvoir des médias.

Ce n’est pas Jean-François Kahn qui me démentirait dans Marianne :

« Mieux que cela : il faut rendre cet hommage à Nicolas Sarkozy qu’il ne dissimule rien. Récemment, lors d’une réception, un patron de presse, plutôt de droite, l’a interrogé sur sa politique vis à vis du service public de la télévision. Il lui a répondu franco et brut de décoffrage, qu’il entendait le nettoyer au Kärcher, “du sol au plafond”, a-t-il même précisé, qu’il en avait marre des “petits cons à la Ruquier” et que l’Etat avait le droit d’imposer son ordre dans ce qui lui appartient. J’ai personnellement entendu un conseiller du président se féliciter, devant un de ses pairs, que Canal+ soit, selon lui, en voie de “normalisation”, mais qu’il fallait encore régler le problème des “Guignols de l’info”. Bien sûr que S*** impose ses hommes et ses affidés partout où il peut. »

Cela nous annonce sûrement les changements a venir et le besoin de minimiser les vagues, voir les tsunamis. Car il me semble évident que cette première année théâtre de bien des scandales, et de bien des réformes inacceptables soit juste un préambule.

Nous verrons bien comment se passera la rentrée de Septembre, a moins que les français mécontents de ne pouvoir de profiter de leur période estivale faute d’un pouvoir d’achat suffisant n’affiche leur colère auparavant. Imaginez les protestations du mois D’août 2008 : “5000 CRS, accablés par la chaleur, hospitalisés face a la foule nue et révoltée”, ça ferait classe dans les bouquins d’histoires de 2030. Triste utopie que la mienne…

A ne pas louper non plus le très bon article chez novovision a ce sujet, ainsi que l’article de Olivier Bonnet sur Plume de presse