Non pas que Strauss-Kahn soit lui-même un faux-cul, il a guère caché au cours de sa carrière son goût démesuré pour la gente féminine… Mais le défilé des soutiens dans les journaux télévisés de Martine Aubry à Luc Chatel me donne légèrement la nausée. Comme je suis courtois je ne vais pas évoquer dans le détail les honteuses rumeurs qui planent sur le personnage, car effectivement cela concerne sa vie privée… Enfin jusqu’à un certain point, des rumeurs de harcèlement sexuel visant des journalistes seraient à prendre beaucoup plus au sérieux pour être franc, l’utilisation du pouvoir à des fins sexuelles serait un acte grave, n’est ce pas ?

Voilà donc qu’une affaire privée se mêlant à la vie professionnelle de DSK, vient encombrer son activité en tant que patron du Fond Monétaire Internationale, institution fort impliquée dans la gestion de la crise économique actuelle. Il aurait trompé sa femme avec une collègue de travail, Piroska Nagy, au sein du FMI.

Je pris connaissance hier de cette affaire via l’inénarrable Bénédicte Charles dans les colonnes numériques de Marianne 2, qui fait un cas d’école de brassage de vide:

L’incartade du patron du Fonds monétaire international a toutes les apparences d’une non affaire qui permet aux Américains de retrouver leur trio préféré, façon théâtre de boulevard : le mari volage, la femme trompée, la maîtresse aventurière. Bill, Hillary et Monica, saison2.

L’article fustige la méthode interne du FMI qui aurait pris connaissance de l’écart du patron puis aurait ouvert une enquête sur un possible abus de pouvoir concernant les indemnités de départ de la maitresse hongroise. Bien entendu, aucun lien pour se justifier, aucun extrait prouvant les dires… Même pas vers le Wall street journal qui a révélé l’enquête. La journaliste oppose donc une Amérique qui serait puritaine, se choquant au moindre coup de bite et une soit disant déontologie Française qui ne trainerait jamais la vie privée de ces personnages publiques dans ses colonnes… pouahh

Mais ce scandale, ce scandale internationale dont parle l’article de Marianne n’a de proportions qu’en France, les vagues sur cette histoire émergent surtout d’un coté de l’Atlantique. La presse américaine a très peu couvert le sujet et le fera probablement en cas de mise a pied ou de démission. Pour l’instant les USA comme la plupart des autres pays internationaux s’en contrefoutent, il suffit de voir le suivi de la BBC, de CBS qui reprend une dépêche AFP , ou de CNN qui ne mentionne pas l’affaire, seul un lien mène sur une page du Time CNN qui a visiblement été retirée puisque l’article désormais parle uniquement du rôle du FMI dans la crise actuelle. Et puis la dimension de DSK aux USA est quasi nulle, incomparable avec la politisation qui a pu entourer l’affaire Lewinsky. Comparer DSK à Clinton est simplement ridicule , sauf si le référent du scandale est la France…

A lire l’article original, il n’y a rien de proprement scandaleux dans le traitement de l’information qui est simplement développée dans le détail et suivant les méthodes politiques de bas étages telles que les emploient les journaux conservateurs. Il est évident que l’investigation au sein du FMI a été engagée du fait du précédent causé par Paul Wolfowitz à l’époque directeur de la banque mondiale, qui avait consentie une augmentation de salaire à sa maitresse et collègue. Ce néo-conservateur qui a été un des artisans de l’ascension de Bush à la Maison Blanche et un fervent défenseur de la morale religieuse, ne pouvait en toute logique que démissionner de son poste …

Il est tout aussi évident que cette affaire donne des opportunités au sein du FMI pour opérer des mouvements politiques dans cette période de crise magistrale. D’autant plus qu’une partie de l’aile pro républicaine du FMI aimerait pouvoir se débarrasser de DSK, en conclure que c’est le puritanisme des USA face au libertinage des français c’est du niveau du caniveau. Il s’agit pas de culs bénis, mais plutôt de faucons qui cherchent à manœuvrer et ce n’est pas un hasard que le Wall Street Journal est sorti l’affaire avant tout le monde. Ce matin le même journal publie des détails à propos d’une seconde enquête d’abus de pouvoir impliquant DSK, cette fois-ci sans évoquer de liaison privée.

En revanche la presse française elle exploite le filon, et se démene pour rentabiliser la couverture bidon sur The International Monetary Fund … Gate. Préférant mettre l’accent sur le caractère sexuel finalement que sur l’éventuel problème juridique qui y est lié, nos journalistes montent de toute pièces la caricature qu’ils veulent dénoncer et dont ils sont les acteurs principaux.
A ne pas louper non plus sur le sujet le billet de DonJipez

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