Déménagement des territoires

Comme je me plais à le répéter dans l’à propos de ce blog, la parole vous est offerte, et si vous voulez vous exprimer sur un sujet via café-croissant régulièrement ou simplement pour un coup de gueule, vous êtes le, la bienvenue. Aujourd’hui je laisse donc la parole à monsieur ” le pilier”, de bar ou de rugby, à vous de voir, sur un sujet important et bien peu médiatisé. Il s’appuie en plus, j’en fais l’aveu, sur la région dans laquelle je suis venu au monde : le limousin.

Garçon

Aménagement ou démontage du territoire?

La théorie

Les politiques d’aménagement du territoire, au niveau français, ont (devraient avoir) comme but principal de réduire les inégalités ou les disparités économiques entre les différents territoires qui composent la métropole (Je ne m’attarderai pas ici sur l’outremer, où d’autres paramètres entrent bien évidemment en jeu). L’objectif de l’aménagement du territoire à la française serait donc de lisser et de moyenner, ou de diminuer les écarts entre les territoires les mieux et les moins bien classés d’un point de vue économique et social.

Si l’on va sur le site du DIACT (http://www.diact.gouv.fr/), on commence déjà à se poser des questions.
Voici les objectifs définis sur le site :

  • “actions en faveur du développement des métropoles ou des territoires ruraux, des littoraux ou de la montagne ” en gros, villes ou campagne, mer et montagne, on a fait le tour, ma professeur de français aurait parlé de délayage…
  • “nécessité d’aider l’ensemble des territoires français à se doter des réseaux les plus performants indispensables à leur avenir (hier l’autoroute, aujourd’hui les technologies de l’information et de la communication) “, j’aime beaucoup cette comparaison entre l’autoroute d’hier et en gros l’internet aujourd’hui…
  • “soutien aux territoires en difficulté et recours aux zonages pour définir où ce soutien doit avoir lieu.” Il vaudrait peut-être avoir d’abord recours au zonages puis soutenir les territoires selon moi mais bon….

La pratique…

Un contre-exemple aux objectifs du DIACT, comment a été mis en place l’ADSL au niveau d’une des régions françaises les moins peuplées, le limousin ? : http://www.limousin-wireless.net/ Merci au bon blog de David Daroussin.
Car ces braves politiques qui nous gouvernent sont, devant les caméras, toujours prêts à se positionner du côté du plus faible, et à regretter, au journal de TF1 (ou de France2, ne soyons pas sectaires), la désertification de nos campagnes, la mort de nos chers villages, etc.., etc…
Pour poursuivre avec mon exemple précédent sur le limousin, Nicolas S. (désolé, je ne peux pas l’appeler non plus “Président de la république”…), en visite il y a quelques semaines, se glorifiait des pôles de compétitivité (en rajouter sur les points forts de chaque région, est-ce la meilleure solution ?), mais n’en rajoutait pas sur les problèmes de désenclavement de cette capitale régionale, où tout passe par Brive (et donc des autoroutes souvent vides) ou par Poitiers (TGV : http://www.tgv.com/FR/). Plutôt que d’en rajouter sur la porcelaine, les PME du limousin n’auraient-elles pas préféré des moyens de communication facilités ?

Comment rester vivre dans des régions où tout disparaît ? Moins de médecins dans les campagnes, moins d’hôpitaux publics, moins d’enseignants, moins d’armée même (bon…), moins de lycées et de collèges. Le dernier plan santé de Bachelot prévoit de lutter contre l’absence de médecins de campagne, mais ne donne pas de remèdes clairs… Comment un médecin généraliste va vouloir s’installer à la campagne s’il n’y a pas d’école (ou une école sans moyens), pas de commerces, pas de services, pas de poste, pas d’infrastructures ?

Une réflexion globale est nécessaire, pas un plan de plus qui portera juste le nom du ministre en place… Bien évidemment, il est difficile pour ces départements et ces communes peu peuplées de faire un lobbying » efficace auprès des gouvernements qui se succèdent et qui font peu de cas de quelques centaines ou milliers d’électeurs… Pour en finir avec notre exemple Limousin, ces pauvres habitants ont été assez bêtes pour mal voter, et ne peuvent donc pas s’attendre à grand chose de la part du gouvernement (lire l’interview de ce cher Alain Marsaud, sic)

Mais avec ce secrétaire d’état là…
Il a déjà montré, au niveau local (Maire de Toulon) qu’il méritait, en termes d’urbanisme et d’aménagement de sa ville et de son département, de devenir secrétaire d’état et d’appliquer ses méthodes au niveau français:
http://www.cuverville.org/article43319.html
On est donc mal barrés… Et encore, je n’ai pas abordé des notions primordiales selon moi dans l’aménagement du territoire, notamment les filières locales, le développement du transport de marchandises par train, etc, etc…

La prochaine fois, si Garçon me l’autorise, on parlera d’un domaine que je connais bien, celui de la santé (publique et privée), mais ça, c’est une autre histoire… Bonjour chez vous.

Le pilier

Rubrique : Actualités, Politique


3 Comments

  1. Thursday 4 September, 2008

    Je connais bien cette problématique : je suis plongée dedans au quotidien, habitant la zone la plus rurale (et pauvre) d’un des départements les plus rurals (et pauvre) de France. La disparition des services est constante et va en s’amplifiant. Un seul mauvais vote et on remplace des élus hargneux dans la défense du service public par des bras cassés un peu trop libéraux qui prônent le tout privé avant de se rendre compte qu’il ne reste que la force publique en rempart de la désertification totale.

    Toutes les structures médicales de proximité ont fermé, la dernière, les urgences d’une clinique privé à 20 bornes d’ici, en janvier dernier. Autant dire que nous sommes tous à une heure du plateau technique le plus proche… mieux vaut ne pas taper un infarct. Reste un hôpital à la préfecture, avec des problèmes graves de personnels et de fric. Les bureaux de Poste ferment, les tournées s’allongent pendant que les titulaires disparaissent. Les médecins qui partent à la retraite ne sont pas remplacés : pourtant, il y a ici une bonne qualité de vie et une vraie clientèle captive. Sur certaines spécialité, il reste un médecin pour tout le département… et plus pour longtemps.
    L’école rurale tient encore le coup : il y a deux ans, on a dû prendre la tête de l’inspecteur de l’Académie pour éviter une fermeture de classe. Pourtant, l’année suivante, en maternelle, les gosses étaient 27-28 par classe… L’année prochaine, il va encore falloir sauver une classe, malgré tout.

    La TNT… rien. L’ADSL : 1Mo max et encore beaucoup de zones blanches qui le resteront. Et le département n’est toujours pas dégroupé ou même programmé pour l’être un jour.
    Une seule ligne de chemin de fer… qui laisse la moitié du département sans transports en commun.

    Pourtant, on paye les mêmes contributions que les autres.

  2. Friday 5 September, 2008

    Bien sur que je t’autorise a publier un autre article et même plus :)
    Pour politiser un peu plus le discours, ce qui me derange dans la politique d’amenagement c’est qu’elle est totalement faites suivant la meme logique que la politique nationale. L’ensemble des incoherences entre le discours les promesses et l’action vient de la hierarchisation des decideurs places au dessus des politiques et qui sont aussi les acteurs potentiels des changements locaux : ce sont les multinationales. L’exemple des supermarchés est effarant a ce niveau face a l’artisanat et au petit commerce. Et cette logique se redeploit infiniment pour l’education, les services etc basee sur la rentabilite et le profit de toute activite.

  3. Le pilier
    Friday 5 September, 2008

    Bien, puisque Garçon me donne le droit, je ne vais pas me géner !
    Le gouvernement (…) en place, ultralibéral, s’appuie sur quelques postulats énonomiques libéraux: le marché s’auto-régule, et dans un marché sans contraintes (Mme Parisot dirait “sans droit du travail”), la libre concurrence et l”intervention minime de l’état doivent permettre aux entreprises de se développer le plus harmonieusement possible et de faire retomber sur leurs heureux salariés les fruits de la croissance la plus haute possible.
    On sait que la libre concurrence n’existe qu’au pays des bisounours (rappelez-vous, il fallait sortir des monopoles d’état, seul une belle concurrence permettrait de faire baisser les tarifs de l’eau, du téléphone ou du reste…résultats : des arrangements entre grandes multinationales qui se sont partagées les marchés, toi à Lyon, moi à Paris, le troisième ailleurs, ou l’inverse, des accords sur le dos des utilisateurs-payeurs, et le tour est joué). Tout cela avec l’accord des politiques, dans un petit monde où tout le monde se connaît et se rencontre. (rassurez-vous, je n’y serai, vous n’y serez jamais).
    Renaud Dutreil, notre ancien secrétaire d’état aux PME, part chez Bernard Arnault. Sa femme (à Dutreil) est directrice de la communication du fonds d’investissement Wendel (de l’ancien patron des patrons le “baron” Seillière), elle va d’ailleurs gagner un bon paquet sur le dos des petits actionnaires…
    Bref, tous ces politiques, grands patrons et autres se connaissent, se reconnaissent, s’engraissent et se servent à qui mieux mieux.
    Ca c’était pour parler de la libre concurrence…
    Pour ce qui est du reste (en gros tout le monde va profiter des fruits de la croissance), reparlons de Bernard Arnault, qui fait fermer l’usine d’ecce, pendant que lui même se distribue 330 millions d’euros de dividende en 2007 (je ne parle pas du salaire, quelques petits millions d’euros…) Voilà tout est dit.

    Alors on nous rabache dans leurs journaux que les caisses sont vides, qu’il faut faire des sacrifices, qu’il faut travailler plus longtemps, plus dur, etc, etc…
    Ils nous prennent vraiment pour des c… (ils ont p’tet raison, ils ont été élus…)
    Au fait, Bernard Arnault est le témoin du mariage de Nicolas S avec Cécilia…. L’autre témoin? Martin Bouygues…
    Bonjour chez vous.

    Le Pilier