B’Tselem arme les palestiniens de caméras

Au delà des incursions de Tsahal dans les territoires palestiniens, au delà des attentats terroristes faisant la une des journaux, il existe des violences quotidiennes entre le peuple palestinien et israélien, et celles-ci doivent cesser. La stabilité de la région ne dépends pas uniquement d’un accord de paix, il faut aussi qu’un changement de mentalité s’opère.

Vous avez peut-être entendu parler de cette association israélienne oeuvrant pour les droits de l’homme nommée B’Tselem. Celle-ci a décidé de distribuer des caméras aux palestiniens afin qu’il puissent témoigner en images des agressions qui peuvent leur être infligés. Le tir à bout portant d’une balle en caoutchouc par un soldat Israélien sur un manifestant palestinien arrêté, menotté et dont les yeux étaient bandé a soulevé un tollé il y a de cela quelques semaines. Ce témoignage vidéo fut diffusable grâce a B’Tselem et a la distribution de ces caméras. Malheureusement cela ne sera pas suffisant pour qu’un jugement exemplaire soit fait a ce soldat.

Pour ma part je fus relativement peu choqué par ce traitement de la part d’un militaire israélien, bien qu’archi condamnable la vidéo m’a ému mais pas surpris. En revanche cette autre vidéo ci-dessous, beaucoup moins relayée par les médias me retourna l’estomac, montrant le passage a tabac de paysans par des colons israéliens masqués et armés de gourdins.

D’après la BBC, deux personnes furent agressés sur cette vidéo et blessés. Je vous invite aussi à regarder cette vidéo en anglais, qui regroupe plusieurs témoignages et explique la démarche de B’Tselem.

Je ne vais pas m’étendre sur les diverses polémiques qui peuvent tourner autour du sujet, je penses que si ces caméras peuvent apporter des témoignages et contre balancer un traitement médiatique partial, c’est une bonne chose. L’oppression, la violence, doivent être dénoncées, montrées, discutées, peu importe qui les pratiquent ou les subit. Il n’y a rien de plus indécent lorsque de la violence s’exprime que de taire ses violences et de laisser l’indifférence s’installer. Un peuple durant la guerre de 39-45 a subit ce traitement dans son expression la plus ignoble, il faut que les enfants de ce peuple s’en souviennent et ne reproduisent pas ce châtiment a quelques degrés que ce soit.

Il me semble que les paroles de paix et d’indignation de Yeshayahou Leibowitz ont une portée bien plus profonde que tout ce que je pourrais dire sur le sujet :

Rubrique : International, Politique


3 Comments

  1. Leah
    Friday 29 August, 2008

    Je viens de lire votre article et je voulais savoir si vous aviez déja été dans cette région?
    Peut être verriez vous les choses differement.
    Une vidéo peut facilement être trafiquée. On en a eu la preuve sur France 2.

  2. Friday 29 August, 2008

    Non je n’ai pas ete dans la region. Cela dit la subjectivite geographique n’est pas meilleure en fonction de la distance. On voit toujours les choses autrement lorsque notre implication est differente, ensuite qu’on les voit mieux, ou moins bien c’est un autre debat, en revanche la distance ne retire pas le droit de reagir a la violence, aux exactions, a l’horreur d’attentats visant des civils.
    Les videos peuvent evidemment etre trafiquees mais toutes ne le sont pas et celle de B’Tselem n’ont pas cette vocation. Ensuite je ne suis pas un defenseurs du professionalisme de France 2, mais je serai curieux d’en voir les preuves justement de cette manipulation.

  3. Friday 26 September, 2008

    Leah
    Moi, j’étais dans la région, j’ai vu au quotidien ce qu’est l’occupation.
    Le déni est absurde et témoigne de la mauvaise conscience, de l’écart incommensurable entre la tradition humaniste juive et les horreurs perpétrées contre les Palestiniens par soldats, policiers et colons.
    Oui, la vidéo est bien réelle, même la Cour Suprême d’Israël, même le Général commandant la Police Militaire le reconnaissent.
    Et il n’y a pas eu de manipulation de la vidéo d’Ederlin, mais une campagne contre lui de gens qui ont honte de ce qu’on fait en leur nom et se réfugient dans le déni.